APPEL A RASSEMBLEMENT A BRON POUR LE DROIT ET LA LIBERTE DE BUTINER SANS OGM

janvier 19th, 2012 — 2:45

Abeilles ou OGM, il faut choisir. Coexistence impossible
>
> Suite à la suspension du moratoire sur le Mon810, le gouvernement a
> annoncé qu?il allait réactiver une nouvelle clause de sauvegarde, mais
> sans prendre les mesures nécessaires pour interdire tout semis de maïs au
> printemps 2012.
> Les apiculteurs seront les 1ères victimes de cette incohérence. Le Mon 810
> n?est pas autorisé pour l?alimentation humaine. L?apiculteur sera rendu
> responsable de la pollution des miels par du pollen de Mon810 (décision de
> la Cour de Justice européenne du 9 novembre 2011. Ces miels et pollens ne
> sont pas commercialisables en Europe aujourd?hui. Déjà en Espagne, la
> culture de 90000 ha de Mon 810 plonge nos collègues apiculteurs espagnols
> dans le désarroi.
>
> Nous vous appelons à un large rassemblement qui aura lieu :
> Vendredi 20 janvier 2012, à 10 h, devant les locaux de Monsanto
> 1 rue Jacques Monod à Bron (69) près de l?aéroport Lyon-Bron

>
> Au programme :
> Occupation du site, pique-nique sans OGM. Présence d?invitées-surprise
>
> Nous exigerons du gouvernement :
> – qu?il prenne des mesures fermes pour interdire la circulation de
> semences Mon810, et leur semis dans les champs
> – qu?un moratoire digne de ce nom soit réactivé
> Nous réaffirmerons que la COEXISTENCE EST IMPOSSIBLE, et que nous sommes
> opposés à tous les OGM en plein champ, qu?ils soient transgéniques ou
> issus de mutagénèse, qu?ils soient destinés à l?alimentation animale,
> humaine ou pour la production d?agro carburants, qu?ils soient produits
> chez nous ou ailleurs.
>
> NON à toutes les formes de confiscation du vivant et de spoliation des
> droits des paysans
>
> Les organisations signataires : Syndicat des Apiculteurs Professionnels
> Rhône-Alpes
> (SAPRA), Fédération Française des Apiculteurs Professionnels (FFAP),
> Nature et Progrès, CDAFAL 42, Confédération Paysanne Rhône-Alpes,
> Faucheurs Volontaires, Vigilance OGM 69, Zérogm 42, ?
>
> Contacts : 06 60 61 79 28 – 06 38 85 43 38

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Le Conseil d’État et le Parlement remettent les clefs de notre alimentation aux marchés financiers

décembre 6th, 2011 — 11:02
un article de la confédération paysanne : www.confederationpaysanne.fr
le 29 novembre 2011, par Aurélie, adhérente Arbralégumes

Le 28 novembre 2011 restera un jour noir pour la souveraineté alimentaire.

Dès 14 h, le Conseil d’État a annulé le moratoire français sur l’OGM MON 810 de Monsanto. Le gouvernement a immédiatement annoncé son intention de reconduire ce moratoire, mais le pourra-t-il avant les semis du printemps 2012 ?

Le Haut Conseil des Biotechnologie a montré que Monsanto n’a fait aucune évaluation valable des risques sur la santé générés par ce maïs insecticide. Une récente décision de la Cour de Justice de l’Union Européenne interdit la vente de tout miel contenant son pollen que les abeilles récoltent abondamment. Le coût des analyses exigées par cette interdiction suffira à lui seul à ruiner définitivement de nombreux apiculteurs, sans compter la destruction obligatoire des miels contaminés. Tout cela ne suffit pas pour la réglementation européenne qui n’a que faire de l’absence d’évaluation des risques, ni des risques économiques évidents, mais exige la preuve de l’existence d’un risque élevé sur la santé ou l’environnement. Tous les travaux scientifiques recherchant cette preuve étant systématiquement empêchés ou déconsidérés par le lobby des biotechnologies, seule une décision politique peut interdire la culture du MON 810 en 2012 en France.

A 23 h , la majorité des 30 député(e)s présents à l’Assemblée Nationale a définitivement approuvé la loi sur les Certificats d’Obtention Végétale (COV). Cette loi permettra au Ministre de l’Agriculture d’organiser par décret :

* l’interdiction faite aux paysans d’utiliser leur propres semences issues de leur récolte pour la majorité des espèces cultivées, comme les légumes ou le soja,

  • la taxation de tous les hectares cultivés en céréales et fourrages (il s’agit des 21 espèces pour lesquelles les semences de ferme sont autorisées) au bénéfice de l’industrie et des vendeurs de semences . Les agriculteurs n’ayant pas utilisé de variété protégée devront en amener eux-mêmes la preuve, impossible car non documentée. En inversant ainsi le droit général qui veut que ce soit le détenteur d’un titre de propriété industrielle qui amène la preuve d’une contrefaçon s’il veut faire valoir ses droits, les députés ont légalisé un racket généralisé.
  • la fixation du montant de cette taxe par une inter profession dominée par l’industrie des semences qui a déjà réclamé un montant dépassant les 10 euros/ha.
  • l’interdiction de la commercialisation de variétés traditionnelles dites « populations » qui ne correspondent pas à la définition des variétés protégées par COV, alors même que la récente loi Grenelle demandait au même Ministre de permettre leur commercialisation,
  • le contrôle de tous les agriculteurs sélectionneurs en vue de leur interdire de continuer à échanger leurs semences

Ce sont ainsi plus de 100 millions d’euros qui seront pris dans la poche des paysans pour rémunérer les actionnaires des sociétés détentrices de COV. En quelques années, les paysans n’auront plus qu’un seul choix : acheter toutes leurs semences à l’industrie qui ne tardera pas à ne commercialiser que des OGM.

Les droits des paysans de ressemer et d’échanger leurs propres semences sont le dernier rempart contre la confiscation de toutes les semences et du droit à la souveraineté alimentaire par une poignée de multinationales de l’agrochimie. Un pays qui n’a pas gardé sa souveraineté alimentaire a perdu sa souveraineté politique. Les électeurs s’en souviendront !

En attendant, malgré le Conseil d’État et le Parlement, nous continuerons à pratiquer et à défendre ces droits fondateurs des agriculteurs.

et pour donner envie de ne pas en rester là, l’annonce du documentaire « Tous au Larzac! », qui passe notamment au Comoedia

Marizette, Christiane, Pierre, Léon, José…sont quelques uns des acteurs, drôles et émouvants, d’une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Un combat déterminé et joyeux, mais parfois aussi éprouvant et périlleux.
Tout commence en 1971, lorsque le gouvernement déclare que le camp militaire du Larzac doit s’étendre. Radicale, la colère se répand comme une trainée de poudre, les paysans se mobilisent : jamais ils ne cèderont leurs terres et déploieront des trésors d’imagination pour faire entendre leur voix. Bientôt des centaines de comités Larzac naitront dans toute la France… Dix ans de résistance, d’intelligence collective et de solidarité qui les porteront vers la victoire. Plus que jamais, le Larzac est vivant !

« C’est une magnifique (et historique) épopée sociopolitique, le récit d’une action collective digne d’un western » – Le Monde.

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SITES de DONS et de TROC

novembre 10th, 2011 — 12:39
Coucou les amis,

Pour ceux qui ne connaissent pas, voici qq sites de dons/troc, qui dépannent bien pour ceux qui ne peuvent pas aller à la déchetterie (pas de voiture ou autre). C’est gratuit et anonyme. Je suis sur Recupe.net car ils ont un côté éthique (ne font pas les animaux ni l’alimentaire ni cosmétiques), mais les autres sont peut-être aussi très bien même si je ne les connais pas…

on peut tout donner, de la terre de son jardin (quand on fait creuser sa piscine…) à des bocaux vides en passant par les jouets/vêtements/livres/cages de hamster, meubles ou autres bricoles. On donne rdv où on veut, la personne intéressée vient chercher l’article. C’est incroyable tout ce qui transite par ces sites ! ça peut aussi être une bonne idée pour trouver de quoi meubler un logement étudiant …

Un p’tit tuyau: quand on met la photo ça part beaucoup plus vite !

Sites de recyclage :

www.co-recyclage.com

www.recupe.net

www.donnons.org

http://fr.freecycle.org/inscription/

biz à chacun,

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Recette de patidou farçi !

septembre 22nd, 2011 — 9:43

Pour 2 personnes
2 patidoux
1 œuf
2 cuillerées à soupe de crème fraîche épaisse
50gr de fromage à faire fondre coupé en morceaux (tomme, gruyère, etc.)

  1. Laver puis couper le chapeau des patidoux
  2. Les faire cuire à la vapeur jusqu’à pouvoir creuser la chair à la cuillère (mettre le côté chair en bas dans le panier vapeur pour que l’extérieur reste ferme)
  3. Faire préchauffer le four à 175°
  4. Retirer les graines, puis mélanger dans un saladier la chair de patidoux, la crème fraîche, le fromage et l’œuf
  5. Placer les patidoux dans un plat à gratin et les remplir avec le mélange. Couvrir avec le chapeau
  6. Enfourner pour 20-25 minutes, terminer par 1 ou 2 minutes au gril pour l’aspect
  7. Déguster !

Merci à l’arbralégumes pour les bons produits qui donnent plaisir à cuisiner !

Goulven, adhérent Arbralégumes

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Cueillette et Théâtre

septembre 6th, 2011 — 1:01

Raphaël Saunier vous propose une cueillette de POMMES chez lui, à la Ferme du Bistinclin fruité !

Les 17/18 et 24/25 septembre entre 13h et 18h30 !

Vous arriverez, côté ferme, en suivant la pointe rose des flêches « cueillette pommes » depuis le bourg de SOUCIEU-EN-JARREST.

Sur place : pommes, jus de fruits de la ferme, petit marché paysan et diverses animations (théâtre, labyrinthe, jeux…)

SPECIAL !! Journée théâtre le 18 septembre pour petits et grands, de 14h à 16h !

Renseignements : 06 60 08 25 63

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Que SIGNIFIE le TAMPONNAGE des ŒUFS ?

août 18th, 2011 — 10:14

Le tamponnage des œufs est obligatoire en vente directe afin d’en assurer la traçabilité.

Les œufs de notre producteur Lionel Collomb sont annotés :  O FR 38 11

0 pour le mode de production en agriculture biologique
Pour information :
1 pour les élevages en plein air
2 pour les élevages au sol
3 pour les élevages en cages
FR pour France
38 pour le département de l’Isère où sont élevées les poules
11
pour le numéro d’identifiant donné au producteur

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Pourquoi les poivrons de nos maraîchers sont-ils uniquement verts ?

juillet 21st, 2011 — 10:53

Nous avons demandé à Florent Grillet, l’un de nos maraîchers et voilà pourquoi …

Les poivrons verts et rouges sont de la même variété. La différence tient au fait que les poivrons verts ne sont pas « mûrs » et lorsqu’ils arrivent à maturité ils deviennent rouges ! Florent nous a expliqué la difficulté pour lui de faire mûrir les poivrons verts avant qu’ils ne pourrissent. Mais comme cette année il a planté beaucoup de poivrons, il va essayer de les faire mûrir pour que l’on puisse goûter les poivrons rouges !

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des volontaires pour un étude sur l’impact de l’alimentation sur la santé!

mai 26th, 2011 — 11:55

une adhérente fais passer cette info.

Hello,
Je viens de m’inscrire à ça, pour faire avancer la recherche sur les effets de l’alimentation. L’étude dure 5 ans, et 1 fois par an on répond à des questions sur leur site. (j’avais vu un article dans le magazine édité par la mutuelle de Stef) = c’est du sérieux.

Si ça vous dit de faire pareil …soit pour vous-même, soit à faire circuler si vous connaissez des gens que ça peut intéresser…

https://www.etude-nutrinet-sante.fr/fr/common/login.aspx

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LES COMPOSTIERS ONT BESOIN DE COUPS DE MAIN

mai 9th, 2011 — 4:56

Bonjour à tous,

Un exceptionnel message pour vous demandez un coup de pouce pour plusieurs dates

Mobilizagran
Concertation du Grand Lyon pour le réaménagement du quartier Mazagran, nous avons un émissaire qui parlera au nom du collectif Mobilizagran, mais il faut faire bloc pour montrer au Grand Lyon que les habitants sont concernés et qu’il mette en place une vraie concertation!
Donc rencard à 18h30 Université Lyon 3 – Amphithéâtre Roubier – Lundi 9 mai

Forum des Asso du Festival 6ème continent
Venez accompagner Delphine pour tenir le stand des p’tites bêtes du compost le samedi 21 Mai entre 14h et 18h. Possibilité de préparation du stand ensemble le mercredi 18 au soir pour apprendre les p’tites bêtes et les clefs du compost!

Fête des Fleur
Même stand mais avec William le samedi 4 juin entre 14h et 17h, place morel dans le 1er arrondissement. Idem possibilité de préparer ensemble le stand le mercredi d’avant!

Bon week end!

Les Compostiers
07 60 04 13 77
lescompostiers@gmail.com
http://www.lescompostiers.org

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Manger bio, pas cher et pour tous, une utopie ?

mai 2nd, 2011 — 3:11

Par Terra Eco | Le magazine qui change le monde | 22/04/2011 | 17H21

A quoi ressemblera l’assiette du futur ? Que du bio ? Des OGM à gogo ? Réponses du patron de la FNSEA, Xavier Beulin, et de l’agronome Marc Dufumier.

Terra Eco : Au-delà des effets de mode, l’alimentation bio peine à décoller. A-t-elle un avenir ?

Xavier Beulin : Il y a les objectifs du Grenelle, un dispositif national, des mesures européennes pour aider aux conversions et à la production bio. Et puis un soutien indirect via la restauration collective.

Tout cela incite beaucoup d’agriculteurs à tenter la conversion ou à se lancer en bio. Il faudra mesurer dans le temps ce que ça donne. Mais cela suppose que les consommateurs acceptent de consacrer plus d’argent à se nourrir.

La part de l’alimentation dans les budgets était de 16 % en 2000. Elle est de 11 % aujourd’hui, malgré la hausse du pouvoir d’achat. C’est un point fondamental pour le bio comme pour le conventionnel. On a atteint un seuil difficilement compressible. On ne peut pas avoir une alimentation à la fois saine, diversifiée, de qualité et pas chère.

Marc Dufumier : Oui, le bio restera plus cher que le conventionnel. Et pour le rendre accessible aux plus modestes, il faut une politique de redistribution des revenus. Tout est lié. Et oui aussi, le bio va prendre de plus en plus de place. Mais il pourra sortir de son marché de niche uniquement si les pouvoirs publics l’encouragent davantage. Or il y a urgence à mettre en place des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement.

Il nous faut revoir la copie pour parvenir au zéro « agrotoxique ». Y aller de façon décisive et massive et sortir le bio de la marge. Une solution pourrait être de transférer les subventions en faveur du bio vers la restauration collective. L’idée étant que les cantines achèteraient en masse, et à un prix juste pour les paysans, des produits bio de qualité et de proximité.

Les circuits de distribution atteindraient une taille critique, économiquement viable, un marché stable et rémunérateur s’installerait. Aujourd’hui, quand les grandes surfaces veulent se ravitailler en bio, elles vont à l’étranger, en Autriche, en Allemagne, en Italie, des pays où les circuits de distribution ont atteint cette taille critique.

Faut-il une agriculture bio à deux vitesses, intensive et moins exigeante d’un côté et paysanne et ultraqualitative de l’autre ?

Xavier Beulin : On ne vit pas dans un monde angélique. Si demain l’industrie et la grande distribution se mettent sur ce segment, ça ne se fera pas d’une façon différente de ce qui se passe pour l’agriculture conventionnelle. Pour y répondre, nous, en face, devons avoir une organisation et des volumes qui sont ceux des grandes et moyennes surfaces.

Marc Dufumier : Surtout pas de système à deux vitesses ! Il nous faut un seul bio et il doit être intensif. Pas en produits chimiques, mais en plantes capables de prendre l’azote de l’air, en coccinelles, en abeilles, en utilisation de ressources naturelles renouvelables et inépuisables. Il faut reconstituer l’humus des sols, planter des haies pour éviter les vents desséchants. On peut produire beaucoup à l’hectare avec des techniques artisanales. Le mot intensif n’est pas opposable au mot paysan. En revanche, notez que l’agriculture moto-mécanisée et chimique est une agriculture très extensive.

Le Grenelle annonce 50 % de réduction des quantités de pesticides utilisés d’ici à 2018. Est-ce que c’est jouable ? Et si oui, comment ?

Xavier Beulin : C’est dans le Grenelle, l’objectif sera tenu. Depuis dix ans, on a déjà réduit de 30 % l’usage des pesticides. On a travaillé en amont sur la recherche fondamentale avec l’Inra [Institut national de la recherche agronomique, ndlr] pour détecter les techniques moins consommatrices de pesticides, comme la rotation des cultures. C’est un travail de longue haleine mais il y a des signes positifs. Sur mon exploitation, on a diminué de 10 % les pesticides avec du matériel performant.

Marc Dufumier : L’Inra affirme qu’on peut réduire de 30 % les pesticides en 2018 en modifiant les pratiques à la marge, selon l’étude Ecophyto R&D parue en janvier 2010. Mais les réduire de 50 % ne sera possible qu’à condition de refondre totalement notre système de production. Il y a des démarches de production raisonnées intelligentes, mais elles butent sur une limite : nos systèmes sont trop spécialisés et trop courts. Il faut réassocier agriculture et élevage. La refonte, c’est quelque chose de savant et d’artisanal à la fois.

Y aura-t-il une place pour les OGM dans la production française et dans nos assiettes ?

Xavier Beulin : J’ai un regard distant sur la première génération d’OGM, comme le maïs Bt ou les OGM résistants aux herbicides. Ils ont été un moyen de subordonner les agriculteurs à des technologies. Mais aujourd’hui, les grandes firmes internationales sont dans une autre approche. Elles cherchent des réponses techniques à des enjeux auxquels nous sommes confrontés.

Si demain on crée des plantes qui résistent mieux à la sécheresse ou qui savent capter l’azote de l’air pour se nourrir, qui sont testées au plan environnemental et sanitaire, pourquoi s’en priver ? Il faut au minimum une cellule de veille et de recherche. Et aller au-delà des peurs et de l’idéologie. Ma position est pragmatique.

Marc Dufumier : Ces OGM première génération ont un intérêt immédiat : ils permettent d’utiliser moins de pesticides et de désherber à moindre effort. Mais les expériences du Canada, de l’Argentine et du Brésil montrent que des espèces résistantes finissent par se développer. Ça n’est donc pas une solution.

Quant aux OGM deuxième génération, on m’en parle depuis dix ans ! Les manipulations des gènes sont difficiles et peuvent avoir des conséquences sur des fonctions de la plante qu’on ne voulait pas toucher au départ.

Par exemple, le fameux « riz doré » génétiquement enrichi en vitamine A : il s’avère que la plante utilise ses propres hydrates de carbone pour la produire. Conséquence, elle a un moindre rendement. Mieux vaut ajouter des tomates ou des carottes dans son assiette pour avoir de la vitamine. Je ne suis pas dans la diabolisation, j’attends de voir. Mais je sais qu’il est plus urgent d’attribuer des budgets de recherche au fonctionnement de l’agro-écosystème. Il y a tellement de choses à faire, avec des résultats prometteurs et directement accessibles aux paysans.

De plus en plus, des circuits courts recréent des liens étroits entre consommateurs et producteurs. Est-ce une tendance lourde ?

Xavier Beulin : Ces expériences, notamment celles du développement des ceintures vertes autour des villes sont intéressantes. Il faut les encourager. Et puis les circuits courts, c’est aussi l’organisation à l’échelle de bassins régionaux de liens plus formels entre filières animales et végétales.

La Politique agricole commune a fait de nous des hyper-spécialistes. Il faut remettre de la transversalité, sans pour autant revenir en arrière vers le modèle de la ferme où tout est intégré. Mais recréer des boucles locales : produire du végétal pour nourrir des animaux voisins, qui eux-mêmes produiraient des fertilisants servant à la production des végétaux.

Marc Dufumier : Les grandes et moyennes surfaces s’approvisionnent loin pour faire des économies d’échelle. Certains circuits courts, tant qu’ils n’atteignent pas une taille critique peuvent être contreproductifs.

Exemple : si chaque abonné à une Amap vient avec sa voiture chercher son panier hebdomadaire sur l’exploitation, la facture en CO2 pèse lourd. En revanche, on peut faire en sorte que des producteurs de qualité puissent en nombre approvisionner la restauration collective sur un circuit court. Alors on réduit les coûts de la collecte et les émissions de CO2. Faisons des Amap, mais de taille critique. Alors on devient compétitifs.

Et oui, avoir mis de la distance entre l’élevage et la culture est une erreur grave. Il faut que la paille des céréales serve de litière aux animaux puis devienne du fumier. Remettons de l’élevage en Picardie, dans le Vexin, en Beauce.

Doit-on craindre des scandales sanitaires, du type dioxine dans les œufs en Allemagne ? La qualité générale de notre alimentation se dégrade-t-elle ?

Xavier Beulin : On a sans doute en France les meilleurs services au monde en matière de prévention des risques. D’ailleurs, nous, les producteurs, trouvons parfois qu’on en fait trop par rapport à nos voisins. Il y a un marché unique en Europe, mais les règles sanitaires et environnementales ou les pratiques agricoles ne sont pas unifiées.

Cela crée des distorsions de concurrence. Et la France perd des parts de marché chez elle comme à l’exportation, à cause de cela et du coût du travail. En Allemagne, l’augmentation du cheptel porcin sur les dix dernières années est égale à la production nationale française… Pas sûr qu’on ait gagné si, au final, on a tué une partie de l’élevage français.

Il ne faut pas baisser la garde, nous ne voulons pas un nivellement par le bas, mais nous ne voulons pas non plus être en décalage par rapport aux standards des autres européens. Les ONG qui nous tapent dessus devraient s’intéresser à ce qui se passe à l’étranger.

Marc Dufumier : Il s’agit de problèmes environnementaux qui dépassent le cadre de l’élevage. On aurait tort de les imputer aux seuls agriculteurs. La France ne sera pas exempte de scandales. Le glyphosate pourrait provoquer le prochain. C’est un herbicide, celui du Roundup, qu’on retrouve aujourd’hui sous d’autres marques. Il est biodégradable mais l’une de ses composantes biodégradées, l’Ampa, est inquiétante : elle est peut-être liée à des cancers et des maladies neurovégétatives. Le principe de précaution voudrait qu’on en limite l’épandage.

Le problème, c’est qu’il est difficile de dire qu’un pesticide est la cause directe d’un cancer. Il n’est pas sérieux de faire des liens de cause à effet, sans faire d’études prolongées. Le seul lien avéré entre un pesticide et une maladie est celui du chlordécone, utilisé pendant des années pour les bananes aux Antilles, et du cancer de la prostate. Globalement, on doit l’espérance de vie accrue à une meilleure sécurité alimentaire.

Mais les épidémiologistes laissent entrevoir un autre tableau pour les jeunes générations. Il y a de fortes présomptions pour que l’exposition à des pesticides ajoutée à d’autres pollutions – celles par exemple qu’on trouve dans les maisons –, forme un cocktail chimique entraînant la stagnation, voire la diminution de l’espérance de vie. Il y a urgence à appliquer le principe de précaution, qui n’est pas un principe d’inaction. Au contraire, il s’agit de mettre en place les alternatives. Et l’alternative constructive aujourd’hui, elle existe, c’est l’agriculture bio.

Xavier Beulin, céréalier du Loiret et président de Sofiproteol, géant français des huiles, a été élu à la tête de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles en décembre.

Marc Dufumier, ingénieur agronome, dirige la chaire d’agriculture comparée à AgroParisTech et mène des projets de développement agricoles en France et dans les pays en développement.

Emmanuelle Vibert

Photos : des tomates bio (John-Morgan/Flickr/CC) ; Xavier Beulin ; Marc Dufumier (DR).

En partenariat avec TerraEco.net

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